Quand la bataille du Nil commence…


Par Landry Ninteretse

Quatre pays sur neuf partageant les eaux du fleuve Nil ont signé vendredi 14 mai à Entebbe en Uganda un accord plus équitable pour le partage des eaux du Nil.

Le nouvel accord transforme l’Initiative du Bassin du Nil (IBN) en une Commission permanente du Bassin du fleuve Nil basée à Entebbe chargée de gérer les ressources en eau du fleuve au nom de tous les Etats riverains du fleuve.

L’Egypte qui n’était pas présente à ces cérémonies de signature n’a pas tardé à réagir estimant que cet accord constitue une agression contre ses droits en eau et qu’il n’était pas contraignant pour l’Egypte. « Tout accord unilatéral signé par les pays en amont du Nil n’est pas contraignant pour les pays en aval comme l’Egypte et le Soudan et manque de légitimité » a déclaré Dr Mohammed El-Din Allam, ministre égyptien de l’eau et de l’irrigation en même temps président en exercice du Conseil des Ministres sur le Nil.

La ferme opposition égyptienne et soudanaise à ce nouvel accord s’explique par le fait que ces deux pays ont toujours revendiqué leurs droits historiques datant de la période coloniale qui leur accordent plus de 94 % du contrôle des eaux du Nil, laissant les maigres 6% aux autres pays riverains. “L’Egypte et le Soudan ont plus besoin des eaux du Nil que le reste des pays riverains car eux ont plus de précipitations. C’est la nature, tandis que nous au Soudan, nous dépendons du Nil” a indiqué à l’agence Reuters Ahmed El-Mufti, un conseiller de la délégation soudanaise.

Apparemment excédés par la main mise quasi-totale de l’Egypte et du Soudan sur le Nil, l’Uganda, le Rwanda, l’Ethiopie et la Tanzanie ont procédé à la signature de ce nouvel accord de partage des eaux du Nil. Le Burundi, le Kenya et la République Démocratique du Congo également présents à la rencontre d’Entebbe pourraient apposer leur signature dans les jours à venir.

Jusqu’à présent, les accords existants empêchaient tout projet d’aménagement ou d’exploitation du bassin du Nil sans le consentement du Caire et de Khartoum. L’Ethiopie par exemple, source du Nil bleu, contribue à plus de 85% des eaux du second long fleuve du monde mais est autorisé à en faire un usage très limité. Il en est de même pour le reste des pays signataires qui pourront désormais entamer des projets d’irrigation et d’exploitation hydroélectrique à grande échelle.

L’opposition entre les pays en amont du Nil d’une part et ceux en aval d’autre part illustre la très forte concurrence pour le contrôle des ressources naturelles. La poussée démographique combinée avec les ravages du changement climatique accroît la demande en eau le long du fleuve Nil et exacerbe les tensions entre pays riverains.

Bien qu’ayant tranquillisé que ce désaccord actuel ne conduira pas au recours aux armes pour provoquer la « première guerre de l’eau », le porte-parole du gouvernement égyptien Hossam Zaki, a souligné que son pays s’assurera qu’aucun projet ayant un impact négatif sur le quota de l’Egypte ne soit réalisé.

John Nyaro, Directeur des ressources en eau du Kenya a quant à lui rappelé que si les pays riverains ne s’entendent pas sur un accord de coopération, il n’y aura pas de paix avant d’ajouter qu'”en l’absence de force de loi, la loi de la jungle ne peut pas garantir la paix“.

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2 responses to “Quand la bataille du Nil commence…

  1. Munezero Carine

    J’ai entendu que l’Ouganda va sieger la conférence sur le partage des eaux du Nil alors je m’y attendais pour la réaction de l’Egypte et du Soudan car ces deux pays ont tant profiter de ces eaux et ils ne pourront supporter de le partager avec d’autres, c’est ce qui est grave car bientôt ça sera la guerre de l’eau,ce trésor si précieux se rarifie de plus en plus avec les changements climatiques.Pour rester optimiste espérons au moins que ces deux pays pourront comprendre que d’autres ont besoin de cette eau si non ce sera la catastrophe.

  2. simbananiye Dieudonné

    Si la première guerre de l’eau commence dans les pays traversés par le Nil, cera clair pour qui que ce soit de comprendre les veritables raisons de perturbation de la paix n’importe quelle situaion à savoir nos qui deviennent de plus en plus “avards et accaparateurs”
    gardes moi Seigneur d’un gros ventre

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