La corruption persiste toujours au BURUNDI


Par Alice SINDAYIGAYA

Par la résolution 58/1 du 31 octobre 2003, l’Assemblée générale a déclaré le 9 décembre Journée internationale de lutte contre la corruption. Cette décision fut prise pour sensibiliser le monde à ce problème et pour faire connaître le rôle de la Convention des Nations Unies contre la corruption, en matière de lutte et de prévention.»
Cette journée est aussi célébrée au Burundi, petit pays de l’Afrique de l’Est signataire de cette convention,qui vient de sortir de plus de 13 ans de guerre civil, dont la corruption reste toujours une réalité.
Il est classé troisième pays le plus pauvre par la banque mondiale et 168ème au palmarès de la corruption avec un Indice de perception de la corruption (IPC) de 1,8. Une place qu’il discute avec les 2 Guinées. C’est ce qui apparaît dans le rapport de l’ONG « Transparency International » qui a publié son rapport 2009 sur l’Indice de perception de la corruption (IPC) dans le monde. Une telle place classe en général le Burundi parmi les pays les plus corrompus du monde et en Afrique en particulier. Sur le plan africain, seuls le Tchad, le Soudan et la Somalie se placent à la queue des pays derrière le Burundi. Une position qui n’honore pas le pays, son leadership, son peuple et la sous région entière. Le pays était classé 158ème en 2008 par Transparency International avec un IPC de 1,9 au moment où les pays à faible corruption (Danemark, Suède et Nouvelle Zélande) avaient un IPC de 9,3. Cet indice variant de 0 à 10. La corruption la plus élevée étant indiquée avec IPC 0. Le Burundi n’est donc pas loin de zéro. Seuls 49 pays ont un IPC supérieur ou égal à 5.
Dans l’East African Community (EAC) dont il fait partie, le Burundi est classé très loin derrière le Rwanda (89ème), la Tanzanie (126ème), l’Ouganda (130ème) et le Kenya (146ème). Ce qui fait du Burundi l’empire de la corruption au sein de l’EAC. Le Rwanda étant le moins rongé de l’EAC par le phénomène de la corruption avec un IPC de 3,3, ce qui lui a valu des encouragements de la part de Transparency International du fait qu’il a progressé de 102ème avec IPC 3 à 89. Le Rwanda se trouve à la 13ème place au niveau africain en ce qui est de l’Indice de perception de la corruption. Il vient après Botswana (37ème) Île Maurice (42ème), Cap Vert (46ème), Seychelles (54ème), Afrique du Sud (55ème), Namibie (56ème), Tunisie (65ème), Ghana (69ème), Burkina Faso (79ème) et Swaziland (79ème). Il est à égalité avec le Malawi (89ème) et le Maroc (89ème).
L’autre voisin du Burundi qui fait mieux que lui. La RD Congo est placé alors qu’il était à la 171ème position en 2008. Il a donc progressé de 9 points en passant de 171 à 162 avec un IPC qui a passé de 1,7 à 1,9. Le Burundi se retrouve là également comme le plus corrompu au niveau de la CEPGL.

Selon le rapport 2009 de Transparency International, la corruption dans le secteur privé est stupéfiante. Le secteur privé peut être une source de dynamisme en matière d’innovation et de croissance. Cela étant, comme le démontre clairement le dit rapport de Transparency International, il peut également ne pas se montrer à la hauteur de son potentiel et se transformer en une force destructrice qui fragilise l’équilibre concurrentiel, asphyxie la croissance économique et le développement politique et, à terme, menace sa propre existence, si la corruption se poursuit en toute impunité.

Au Burundi, les secteurs qui se sont avérés les plus corrompus sont :

Le secteur de passation des marchés publiques, les secteurs des douanes et des impôts, les recrutements du personnel de l’Etat et récemment le charroi de l’Etat qui fait l’objet d’une campagne de la plus grandes organisations de lutte contre la corruption et malversation économique de la société civil (OLUCOM) après avoir constater que l’entretien et le carburant du charroi de l’Etat, font l’objet d’un vol systématique et organiser. Depuis la sphère la plus élevé de l’Etat (les services de la présidence).

Le Burundi dispose pourtant des institutions en charge de la lutte contre la corruption, notamment le ministère de la bonne gouvernance, une brigade anti-corruption, la cour et le parquet anti-corruption, la cour des comptes, l’inspection générale de l’Etat et bientôt l’inspection générale de la fonction publique, etc.

Il dispose également des instruments nationaux qui permettent la bonne marche de toutes ses institutions.
Parmi les instruments nationaux, nous pouvons citer :
– la constitution de la République ;
– la loi portant mesures de prévention de la corruption et des infractions
connexes,
– la loi portant la création, organisation et fonctionnement de la cour des
comptes ;
– la loi portant création et fonctionnement de la cour anti- corruption,
– la loi portant création et fonctionnement de la Brigade Spécialiste Anticorruption,
– le décret portant organisation et fonctionnement de l’Inspection Générale de l’Etat. Etc.

Mais tout compte fait, même toutes ses institutions et instruments juridiques ne pourront pas réussir sans une volonté politique réel de la part du gouvernement d’une part et d’une bonne éducation civique de la population d’autres part et tout cela devrait être matérialisé par une répression de ce phénomène de corruption par tout les moyens disponibles afin d’éradiquer la corruption toutes ses formes.

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3 responses to “La corruption persiste toujours au BURUNDI

  1. Courage mes chers!
    Et bien, si je vous fais savoir” mon secret” à moi ( faut pas le dire surtout); c’est que ce qui pourrait me pousser à fuir ce beau pays, et bien c’est LA CORRUPTION!
    Je crois sincèrement que “Pierre qui roule n’amasse pas mousse”(qu’on a pas besoin d’émigrer en Europe pour être “quelqu’un”) , je crois que même à partir d’ici au Burundi on peut se développer et développer notre Beau pays, mais quand je vois ce mal trainer partout et faire chavirer de promettant initiatives, je suis découragés! Mais quand je vois des jeunes si conscients comme vous je revis- je suis encouragé que ce mal finira par être combattu!
    Go ahead, we’re togeher hand to hand!

    • Cher Bellarmin,

      C’est vrai que la corruption a pris une telle ampleur que les uns pensent que c’est un mal qu’on ne peut pas éradiquer.
      Dans l’AYC, nous pensons que ce mal sera combattu et vaincu à travers l’émergence d’une nouvelle génération qui prend position pour le patriotisme, la vérité et la transparence et la méritocratie. Pour expérienter cela dans notre pays, cela prendra sûrement des années mais sache que les petitis efforts personnels pour l’honnêteté, la bonne gestion et la transparence sont remarqués. Ils étonnent au début, choquent certains et nombreux sont qui réalisent que le moment de changer a sonné et abandonnent leur anciennes mauvaises pratiques…
      Cela ne dispense pas l’Etat de ses responsabilités!Jusqu’à présent, nombreux sont les citoyens qui sont décus par l’immobilisme de l’actuel gouvernement en matière de lutte contre la corruption. A quand le réveil chers dirigeants?

    • Alice Sindayigaya

      je vous remercie énormément pour votre attachement à notre pays. C’est un si beau pays qui comporte beaucoup d’opportunité surtout pour les jeunes mais comme disait Maggi de Ruyigi , il est malade? être a son chevet c’est combattre toute sorte de virus qui essaie t’attaque ici et là. L’un de ses virus qui a quand même un médicament les Burundais le veux c’est la corruption; c’est un virus ravageur et très contagieux, vu que l’état de l’Afrique et delà j’interpelle chaque jeune Burundais à dire non à la corruption pour placer au moins l’espoir aux générations à venir. Et pas seulement en parole mais aussi et surtout en pratique. En acceptant de travailler pour entre apte à la compétition afin de favorisé la compétence aux favoritisme.

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