La Convention relative aux droits de l’enfant, 20 ans après: des raisons de célébrer?

Par Wilson Ciza

Aujourd’hui le 20 novembre 2009, voilà exactement 20 ans que les Nations Unies ont adopté le texte relatif aux droits de l’enfant. Ce texte consacre les droits fondamentaux des enfants en l’occurrence le droit à la vie, à l’éducation, aux services de santé, aux loisirs et une protection contre toutes les formes de discrimination. Mais qu’en est-il de la situation des enfants burundais ?

Au Burundi, pays meurtri par plus d’une décennie de guerre civile, la situation des enfants n’est guère enviable. Selon l’Unicef, parmi les graves problèmes en termes de protection figurent l’augmentation de la violence sexuelle à l’égard des enfants et des femmes, l’exploitation et les mauvais traitements envers les enfants des rues, le travail des enfants, les enfants recrutés par les groupes armés, les enfants dans les prisons et la situation des enfants orphelins et vulnérables.

La décision prise par le Chef de l’Etat d’assurer une éducation gratuite pour tous les enfants a certes permis à un bon nombre d’enfants d’aller à l’école mais force est de constater que le taux d’abandon scolaire demeure élevé pour diverses raisons. Des efforts supplémentaires doivent être fournis en termes de formation des enseignants, de construction d’infrastructures scolaires, de matériel didactique… pour assurer réellement une éducation de qualité aux enfants et non un programme d’alphabétisation de masse. Selon toujours l’Unicef, environ 387 000 enfants en âge d’être scolarisés figurent parmi les réfugiés qui sont rentrés en 2008 et ces derniers sont confrontés au problème d’apprentissage de nouvelles langues.

Sur le plan sanitaire, les enfants burundais restent confrontés à des maladies telles que le paludisme, la diarrhée, les infections respiratoires et la malnutrition. En dépit des mesures de gratuité de soins décrétés par le gouvernement en 2005, le constat est qu’un appui substantiel et urgent demeure sine qua none si le Burundi veut atteindre les objectifs du millénaire en la matière en 2015.
Quelques chiffres :-le taux d’accouchements assistés par du personnel qualifié s’élevait à seulement 41,1 pour cent en 2007.
-41 nouveau-nés pour mille naissances vivantes meurent durant les quatre premières semaines suivant la naissance, soit environ 16 000 décès d’enfants par an.
-Seulement 64 pour cent de la population a accès à l’eau potable alors que seulement 32% disposent d’un assainissement correct. Environ 88 pour cent des décès dus à la diarrhée sont attribués à de mauvaises habitudes en matière d’hygiène, à l’utilisation d’eau insalubre et à un accès insuffisant à l’assainissement.

Vingt après la signature de cette convention, il est évident que beaucoup reste à faire. Les enfants et jeunes de moins de 20 ans représentent plus de 65% de la population nationale. Il importe d’accorder une attention particulière à cette tranche de la population et lui assurer des conditions de vie saines permettant de grandir et d’évoluer dans un contexte apaisé et rassurant. On ne le dira jamais assez : les enfants d’aujourd’hui sont les adultes de demain !

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