Visite de l’Amahoro Youth Club à la Maison Shalom

MaggyPar Landry Ninteretse

Mondialement reconnue pour son œuvre hors du commun en faveur des enfants, les enfants et plusieurs fois récompensée par de prestigieux prix et distinction, la femme aux 10.000 enfants pour les uns, la folle de Ruyigi pour les autres, la personne de Maggy Barankitse étonne et inspire plus d’un. Animés par la volonté de rencontrer et d’entendre cette héroïne de l’amour et de la non-violence, les membres de l’Amahoro Youth Club ont fait le 20 Août dernier le déplacement jusqu’à Ruyigi.

« La Maison Shalom n’est pas un orphelinat, c’est un message » affirme Maggy alors qu’elle nous reçoit dans un salon au décor traditionnel situé près de sa résidence personnelle. Message que l’amour l’emportera toujours sur la haine fratricide et la violence. Cette brave dame de 53 ans sait de quoi elle parle. En octobre 1993, elle a assisté au massacre de 72 personnes et a elle-même failli être tuée en tentant d’empêcher cette horreur. Depuis, Maggy se bat pour les enfants, les vulnérables, les déshérités et les réfugiés.

En moins de 15 ans, l’œuvre de la Maison Shalom s’est développée de façon extraordinaire. Aujourd’hui on estime à plus de 20.000 le nombre de bénéficiaires directs et indirects de cette œuvre alors qu’elle n’a commencé qu’avec 25 enfants en 1993 dans des conditions très précaires. Interrogée sur le secret de cette réussite, Maggy répond simplement : « Ma foi chrétienne et l’espoir que j’ai lu dans les yeux de ces enfants. Chaque fois que je voulais me décourager, il y avait des enfants qui venaient en courant pour m’embrasser. Ces enfants sont des bâtisseurs de l’espérance et je pouvais pas leur tourner le dos ».

Et pourtant, les choses n’ont pas du tout été facile au début. Privée de moyens, victime d’incompréhension de toutes parts, lâchée par tous mais convaincue de la justesse de son œuvre, Maggy n’a jamais songé renoncer. Même dans les heures sombres de la guerre civile, Maggy partait fouillait les décombres pour ramener encore d’autres enfants blessés, affamés ou traumatisés.

« Un jour, des journalistes français l’ont rencontrée en cours de route alors que je portais sur le dos un des enfants qu’elle hébergeait à l’ancienne école de métiers de Ruyigi pour le faire soigner. Emus de compassion, ils ont décidé de me laisser le véhicule », confie-t-elle. Comment a-t-elle fait pour obtenir du soutien ? Maggy affirme s’être imposée. « Toutes les autorités administratives me soupçonnaient les unes de trahison, les autres d’espionne, l’église proposait d’ouvrir une nouvelle congrégation pour s’occuper des enfants, les Nations Unies se montraient très sceptiques pour me soutenir en me demandant le plan d’action, le cadre logique, les atouts, etc. En guise de réponse, je répondais par cinq lettres d’alphabet : AIMER ».

Oui, c’est l’amour qui porte l’œuvre Shalom, qui selon son initiatrice n’est pas d’inspiration humaine mais divine. Car nombreux se demandent ce que serait Ruyigi sans Maggy et ses nombreuses réalisations qui vont de la Cité des Anges aux nombreuses fratries en passant par le centre de soins maternelles et infantiles, le ferme d’élevage moderne, les villages de Nyamutobo, Murehe te Rutimbura abritant anciens réfugiés et déplacés et l’hôpital Rema, dernière réalisation construite à un kilomètre du centre de Ruyigi et qui offre un service de haute qualité digne d’un centre de soins occidental.

Aujourd’hui Maggy se réjouit de voir certains des enfants ayant grandi au sein de la Maison Shalom revenir prendre la relève. Trois quarts de ses collaborateurs sont des anciens de la Maison Shalom. A l’instar de Richard, orphelin de guerre, diplômé en économie à Moscou qui s’occupe des affaires administratifs et financiers de la Maison Shalom. « Mon rêve, dit Maggy, est de voir l’émergence d’une autre génération qui perpétuera une telle œuvre. Et seul Dieu me récompensera, pas les hommes car on ne peut pas trop compter sur eux».

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